Cerveau et notion du temps : découvrez pourquoi le temps passe si vite quand on s’amuse !

Source : www.cultmax.com
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Le temps. Si la notion était déjà complexe pour Albert Einstein, elle l’est d’autant plus pour le cerveau de chacun d’entre nous. Celui-ci a en effet une notion très variable du temps qui s’écoule, et sa perception sera ainsi largement modifiée en fonction des circonstances dans lesquelles il en prend la mesure.

Tout d’abord, sachez que notre cerveau possède plusieurs mesures du temps : nous avons plusieurs horloges biologiques internes, de celle qui mesure le temps qui passe de notre naissance à notre mort, à celle qui détecte les fractions de seconde et qui nous permet de mesurer le moment où notre raquette de tennis doit toucher la balle pour la renvoyer d’un sévère coup droit. Notre horloge de tous les jours est une boucle partant du cortex préfrontal, vers les noyaux gris centraux, puis vers la substance noire (locus niger) avant de retourner vers le cortex préfrontal. Un message nerveux parcours ainsi ce chemin à la vitesse moyenne d’un mètre par seconde. Il faut donc environ un dixième de seconde pour que ce message fasse une fois la boucle.

Mais une caractéristique très intéressante nous en dit long sur notre perception du temps : la vitesse de l’impulsion nerveuse s’accélère lorsqu’il fait chaud.
En 1930, le physiologiste Hudson Hoagland remarque que son épouse, qui était fiévreuse, surestimait la durée du temps : elle pensait qu’il avait quitté la maison une heure, tandis qu’il n’était parti que 40 minutes. Il décida alors de mener l’expérience sur des cobayes à qui il posa des bobines chauffées autour du crâne et constata que leur horloge interne tournait 20% plus vite qu’elle ne le faisait dans des conditions normales. Le même phénomène se produit aussi sous l’effet de l’adrénaline, donc sous l’effet du stress.
Ainsi, lorsque notre horloge accélère, notre perception du temps ralentit, et cela peut aller loin. Certaines victimes d’accidents racontent que, durant leur accident, tout semblait se produire au ralenti ; mais ce sont elles, en réalité, qui réfléchissaient à toute vitesse.

Un autre phénomène quotidien provoqué par notre rythme interne est intéressant à observer : les raccourcis inconnus sont plus longs que le trajet habituel. Lorsque notre conducteur nous dit “je connais un raccourci”, vous vous crispez et ajoutez automatiquement deux heures à votre trajet, et pour vous, vous aurez raison : ce raccourci vous a bel et bien paru plus long. Et pourtant… vous vous méprenez.

Source : www.de-la-prairie.info

En effet, lorsque l’on vous propose de prendre un raccourci que vous ne connaissez pas, vous ne voulez pas finir en Papouasie, et vous stressez (vous voyez où je veux en venir, n’est-ce pas ?). Mais le stress seul (qui accélère déjà votre horloge interne et ralentit donc votre notion du temps) ne suffit pas à donner le coup de grâce : vérifier que et vous demander si votre conducteur ne vous emmène pas au bout du monde vous demande de l’énergie et l’appréhension de ce nouveau trajet demande à vos neurones d’imprimer beaucoup de nouvelles informations. Or, nous l’avons vu précédemment avec l’exemple de la crème glacée : un souvenir met du temps à s’inscrire efficacement dans notre mémoire, il faut le répéter. Schématiquement, l’information d’un premier souvenir est lente à circuler à travers nos neurones.
La prochaine fois que vous prendrez ce raccourci, ça ira beaucoup mieux, vous serez moins angoissé(e), votre horloge tournera à un rythme normal, et vous retrouverez des points de repère qui permettront la fortification de votre souvenir et une plus rapide circulation du message nerveux à travers vos neurones. Il faudra donc l’emprunter plusieurs fois pour qu’un raccourci ressemble réellement à un raccourci.

Cela explique un phénomène largement similaire : le chemin du retour est toujours moins long que celui de l’aller : la première fois que vous empruntez un itinéraire, tout est nouveau et différent, tout vient remplir les cases vides de votre mémoire. Le cortex fourmille d’impressions nouvelles. Le chemin du retour sera moins chargé et plus facile, il vous semblera ainsi plus court.

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Mais alors, pourquoi le peut-il passer plus vite pour nous qu’en réalité ?

Notre appréhension du temps dépend aussi d’une autre donnée : l’attention qu’on lui porte ! Vous vous souvenez sans doute de vos ennuyeuses heures de cours durant lesquelles vous ne faisiez qu’une chose : regarder l’heure toutes les minutes. Eh bien, si vous aviez porté plus d’attention au cours et moins au temps qui passe, vous auriez trouvé que le temps passait plus vite. Ainsi, tout comme l’on ne voit jamais l’eau bouillir lorsqu’on reste devant la casserole à la regarder, si l’on fait trop attention au temps qui passe, l’on trouve que celui-ci prends, justement, tout son temps. A l’inverse, lorsque vous vous amusez, vous ne cherchez pas à faire attention au temps qui passe, et celui s’écoule sans que vous ne vous en rendiez compte.

Pour résumer, notre notion du temps dépend principalement du rythme de notre horloge interne, de la vitesse d’appréhension des messages nerveux par nos neurones et de l’attention qu’on porte à sa perception. Vous comprenez maintenant pourquoi le temps passe si vite quand on s’amuse !

Je vous dis au mois prochain pour l’article de Noël (en ligne le 24 décembre 2016) !!!!

A bientôt
Hugo

Cerveau et notion du temps : découvrez pourquoi le temps passe si vite quand on s’amuse !

6 réflexions au sujet de « Cerveau et notion du temps : découvrez pourquoi le temps passe si vite quand on s’amuse ! »

  1. Mathieu dit :

    Site sympathique avec de très bons articles.
    Personnellement, celui-ci m’a moins plu. Il dit trop ce que tout le monde pense à ce sujet.
    Mais bon, il faut bien avouer qu’au final, l’être humain ne comprend rien au temps. 😛
    C’est une dimension qui restera un mystère pour nous.

    1. Hugo Gervex dit :

      Hello AKL !

      Le blog a récemment changé, et il n’est pour l’instant plus possible de s’inscrire à sa newsletter. Je tâcherai de rendre de nouveau disponible cette fonctionnalité rapidement, j’en informerai mes lecteurs via un article.

      A très vite
      Hugo

  2. Salut Hugo,

    Ce que tu racontes me semble très intéressant, surtout l’anecdote à propos de la chaleur, je n’y avais jamais fait attention.
    Finalement, tu explique scientifiquement pourquoi la plupart des méthodes de gestion du stress suggèrent de conserver notre stress… tout en le maintenant sous contrôle.
    Pas sûr que l’on puisse utiliser pratiquement l’effet de la chaleur (passer un exam/concours avec un bonnet triple épaisseur serait très louche), mais en tout cas c’était captivant.

    J’ai juste une petite question : tu dis que les mêmes effets se produisent “sous l’effet de l’excitation”. Pourtant, lorsque je m’amuse (et donc quand je suis excité), j’ai l’impression qu’une heure s’évapore en 15min. Alors que, si l’excitation produisait les mêmes effets que le stress, j’aurai du avoir l’impression de passer 1h20 à m’amuser. Comment cela se fait-il ?

    Bonne journée,

    Clément

    1. Hugo Gervex dit :

      Hello Clément !

      En effet, ces articles n’ont pas pour but une application pratique, mais un apport de connaissances et une compréhension de ces sujets.
      Quant à la question de l’appréhension du temps lorsqu’on s’amuse, elle n’est pas uniquement influencée par l’excitation, car lorsque l’on s’amuse, on est occupé ! Et voilà un point important que je n’ai pas voulu développé dans mon article mais que tu fais bien de soulever : le temps passe plus vite lorsque l’on est occupé, car notre cerveau est plus sollicité. Ainsi, comme nous aurons l’impression que l’eau boue moins vite lorsqu’on regarde la casserole, nous trouverons que le temps passe plus vite lorsqu’on s’amuse.

      Je voulais trouver une phrase qui parlait à tous, qui évoquait une situation connue de tous pour le titre de l’article, mais tu me fais me rendre compte que le lien n’est pas si évident. Je m’en vais modifier cela ! Merci pour ton assiduité ! 🙂

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