Faisons le point sur la mémoire ! (Partie I)

Source: www.blog.nutriformlab.net
Source: www.blog.nutriformlab.net

Chers tous,

j’ai une annonce importante à faire qui plaira à mes lecteurs les plus fidèles : la saison 2016-2017 qui arrive sera plus tranquille pour moi que ces 3 dernières années, durant lesquelles j’ai malgré moi délaissé mon blog. Cela signifie que je pourrai enfin me consacrer de nouveau à ce site, et je m’engage ainsi à écrire un article par mois, jusqu’en juin 2017 !

Et voici celui du mois de juillet 2016 ! Il constitue la première partie d’un duo d’articles consacré à la mémoire, et plus particulièrement à ses défaillances neurobiologiques. Rassurez-vous, rien d’alarmant, et rien de complexe à comprendre. En effet, ce chapitre portera sur des notions de science dure, donc plus pointues, mais je m’efforcerai de les simplifier un maximum (pas trop quand même, je risquerais sinon d’inclure une trop grande marge d’erreur dans mes explications), mais une chose est sûre : si je peux comprendre tout ça, vous le pouvez aussi !

Mais entrons dans le vif du sujet ! Comme tout mentaliste qui se respecte, il est nécessaire de connaître, je crois, certains fonctionnements du cerveau, notamment en neurobiologie et en psychologie. Ainsi, le sujet de la mémoire constitue, d’après moi, un des centres névralgiques de ce chapitre, car elle constitue sans doute la base de notre perception subjective du monde (v. infra). Il est nécessaire alors de se pencher sur le sujet.


Qu’est ce que la mémoire ?

La définition neurologique de la mémoire

Si je vous dis « Puzzle », à quoi cela vous fait penser ? Quand on regarde une pièce de puzzle pour le réaliser, on essaie de savoir ce qu’il y a dessus. Une tache bleue peut représenter le ciel, une pièce verte peut être un bout de gazon, un point noir au centre d’un cercle peut être un œil. Afin d’en être sûr(e), nous regardons l’image sur la boite pour vérifier. Si c’est une scène de pique-nique dans un parc, nous avons probablement raison, avec notre ciel, notre herbe et notre œil ; néanmoins, si l’image représente une usine désaffectée, il faudra sans doute reconsidérer la question.

Dans notre puzzle mental, l’image de référence, c’est notre mémoire. Chaque stimulus qui arrive dans notre cerveau est comparé à ce que nous connaissons, afin d’être identifié et considéré.

L’élément clé de notre mémoire est la synapse, l’endroit où les cellules nerveuses se rejoignent. Si l’on veut vraiment être pointilleux, elles ne se rejoignent pas réellement, puisque la synapse est un petit espace entre l’extrémité d’un neurone et le début du suivant. Lorsqu’un message arrive au bout d’un axone, il déclenche l’émission de molécules de transmission spéciales, qui traversent cet interstice pour se rendre au neurone suivant et lui porter le message. Comme les neurones ne se touchent pas vraiment, la connexion est flexible ; c’est justement la clé de la richesse et de la complexité des expériences humaines. Si les neurones étaient attachés et liés fermement, nous n’évoluerions pas entre la naissance et la mort. Tout humain ne changerait pas de comportement au long de sa vie. Du fait de cet espace, les neurones sont libres de se rapprocher, de s’éloigner, les uns des autres, et même de décider de réagir au premier passage de l’information ou d’en attendre d’autres avant de se remuer.

Cependant, les neurones semblent avoir une chose en commun : une fois qu’ils ont été sollicités au niveau d’une synapse, ils réagissent de plus en plus facilement les fois suivantes. Ils gardent donc la mémoire de la dernière fois qu’ils ont été sollicités, ce qui les amènera à réagir de nouveau. Ce principe s’appelle la « potentialisation à long terme »*, et c’est l’essence même de notre mémoire.

Lorsqu’un enfant mange une glace pour la première fois, il fait le lien entre cette forme nouvelle et ce goût inconnu. Il se produit une potentialisation à long terme des neurones impliqués : c’est un nouveau souvenir. Lorsqu’il en remangera une à nouveau, il saura ce que c’est, il se souviendra de ce goût, vaguement au début, puis de plus en plus précisément à chaque glace. Après quelques glaces, le souvenir deviendra permanent.

gfd

« Tout n’est que mémoire » ?

La mémoire est une base référentielle à notre considération du monde extérieur ! Autrement dit, c’est grâce à elle que nous savons que ce que nous tenons est une savonnette (remarquez mon subtil jeu de mot entre le verbe savoir et le produit de toilette), car nous en avons déjà vu une.

Par extension, notre monde ne se résume qu’à nos souvenirs, qu’à ce que l’on connaît ; mais nous avons beaucoup de souvenirs, qui sont autant d’images de référence. Le point noir dans le cercle de notre pièce de puzzle pourrait tout aussi bien être un œil, un canon de pistolet, une prise de courant, un symbole sur une carte routière, etc… Lequel est-ce ? Cela dépend de nos attentes ; nous voyons, dans une certaine mesure, ce que nous voulons voir !

Une petite image permet d’illustrer tout cela. Cette pièce de puzzle est une image de…. d’un ensemble de lignes, rien de plus.

EscalierVous voyez un escalier pourtant, non ?

Escalier inverséEt maintenant, à l’envers, vous voyez toujours un escalier, n’est-ce pas ? 

Nous y voyons des marches d’escalier car nous sommes allés chercher des souvenirs de ce que cette image nous rappelle. Lorsque l’image (ici une illusion d’optique) est retournée, nous voyons encore un escalier, car nous n’en avons jamais vu de dessous ; Cela nous montre bien que ce que l’on voit dépend de nos attentes, et que nos attentes dépendent de nos souvenirs !

Alors ? Tout n’est que mémoire ?

fds

*Pour information

La potentialisation à long terme désigne la facilitation de l’activité des synapses qui pourrait être associée aux processus de mémorisation et d’apprentissage. Pour simplifier la conséquence de la notion, disons que la potentialisation cognitive permet au cerveau de comprendre le monde qui l’entoure —notamment de deviner et comprendre ce qu’il ne voit pas— à partir d’un élément extérieur, grâce à sa mémoire. Vous utilisez la potentialisation des centaines fois par jours ; souvent, votre cerveau devine bien mais parfois il se trompe grossièrement.

Que voyez vous d’écrit ci-dessous ?

Potentialisation-caché

Une personne relativement débrouillarde et saine d’esprit devinera évidemment la formule « Joyeux Noël et bonne année ». Mais s’il en était autrement ? Je vous laisse découvrir ci-dessous comme le cerveau peut vous jouer des tours.

v

v

v

v

v

v

v

v

Voici les vrais “mots”.

Potentialisation-dévoilé

gfd

Voilà tout pour ce mois-ci ! Je suis conscient que j’en ai peu dit, mais rassurez-vous, le plus passionnant concernant la mémoire reste à venir et je reviendrai vite avec des exemples concrets des petits défauts de notre mémoire !

A très vite, bonnes vacances à celles et ceux qui en ont !

Hugo

 

Faisons le point sur la mémoire ! (Partie I)

12 réflexions au sujet de « Faisons le point sur la mémoire ! (Partie I) »

  1. Personne intrigue dit :

    Je n’est pas vraiment compris
    Ou vous voulez en venir
    Joyeux noel et bonne santé
    Ce n’est pas que le cerveau nous joue un tour c’est seulement que c’était la solution la plus vraisemblable
    Bien que possible la solution réellement écrite était invraisemblable
    Pour l’autre exemple c’est plus une question de visualisation voit un escalier parce que c’est ce que ca peut représenter via un schéma
    Du coup je comprend pas
    Peut être que je me trompe grossièrement
    A moins que ce que vous voulez dire
    Par ces exemples c’est que l’on distingue les choses par rapports à ces propres expériences
    Mais cela voudrai dire que si on a l’habitude de voir des figures géométriques on aurai vue dans ces ligne orizontale et verticale autres choses ?
    Mais par contre quelle sont les meilleurs moyen d’enregistrer ce que l’on veut garder en mémoire

  2. Pandouflex dit :

    Aaah c’est une très bonne nouvelle ! 😀
    J’ai repensé à mes cours de philo en lisant ça, quand vous dites que tout n’est que mémoire… (l’année “dernière”)
    Bon, j’avais des commentaires un peu plus percutants que ça mais je les ai oubliés en cherchant les mots pour l’écrire, j’espère comprendre pourquoi dans les prochains articles 😉
    Heureux de vous revoir (ou plutôt de vous relire) 🙂

  3. Ca fait plaisir de revoir un article après une telle pause 🙂

    Sinon, une petite faute c’est glissée : “je m’engage ainsi à écrire un article par moi”, je pense que tu voulais dire par moiS.

    Sinon continue, ça fait plaisir,
    Yeko

      1. saintmichelg dit :

        Bonjour,
        L’usine peut être désinfectée mais elle est peut être aussi désaffectée ?
        article très intéressant, j’attends la suite avec impatience.
        Merci
        MG

      2. Pandouflex dit :

        Haha la reprise est difficile on dirait :p
        C’est pas bien grave comme erreur mais si déjà on y est :
        “Afin D’EN être sûr(e),”
        “ce QUE l’on voit dépend de nos attentes”
        Je crois en avoir vu une troisième mais mes neurones se sont trop déplacées pour que je puisse m’en souvenir…

        1. Hello Pandouflex !

          C’est déjà le 3ème commentaire qui reprend une coquille : je pense que je n’écrirai plus d’article passé 22H00. A croire que la relecture de m’est d’aucune utilité 😉
          Merci à toi !

          Hugo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *